✔️ Comment savoir si je suis trans ?

La transidentité est le fait de ne pas s’identifier pas au sexe/genre qui a été assigné à la naissance et de souhaiter ou réaliser un parcours de transition.

Personne, jamais, ne pourra vous donner la certitude que vous êtes bien trans (ou cis).

La transidentité est avant tout un sentiment personnel que quelque chose ne va pas dans la perception de votre identité et celle que vous renvoyez au monde.

Vous avez le droit de changer d’avis sur votre identité autant de fois que nécessaire. Il n’y jamais un moment où vous n’aurez plus le droit de changer d’avis.

Vous pouvez être trans et :

  • Aimer les activités stéréotypées de votre sexe/genre d’assignation (une femme trans peut aimer les jeux vidéo et le foot, un homme trans peut aimer se maquiller et porter des robes).
  • Être homosexuel’le dans votre sexe/genre d’arrivée (un homme trans gay ou une femme trans lesbienne). Des études tendent à montrer que la répartition des préférences sexuelles des personnes trans se découpent comme tel : 33% hétéo, 33% bi, 33% homosexuel’le. [Référence manquante]
  • Comprendre que vous êtes trans à n’importe quel âge, même après une vie de socialisation dans votre sexe/genre d’assignation
  • Avoir été un papa ou une maman « cis » pour vos enfants.
  • Avoir peur de la transition, ou ne pas vouloir/pouvoir commencer une transition dès maintenant
  • Apprécier le porno trans (attention : si ce n’est QUE sexuel, posez-vous les bonnes questions).

Oui mais pourquoi je m’en rends compte seulement maintenant ?

Il existe un vieux cliché qui a la vie dure : les personnes trans ont toujours su qu’elles étaient trans.

C’est faux. On peut comprendre qu’on est trans à n’importe quel âge. Il existe une infinité de raisons qui peut expliquer pourquoi vous ne le comprenez que maintenant.

C’est peut-être votre cerveau qui vous protégeait. Vous avez peut-être grandi dans un environnement où l’information sur la transidentité était mauvaise ou inaccessible. Vous n’avez peut-être jamais pris le temps d’y réfléchir. Vous y pensiez comme un « ho, ce serait bien d’être du sexe opposé à ma naissance » sans jamais le formuler comme un souhait concret parce que vous n’aviez pas les outils pour le faire. Vous étiez dans une situation qui vous poussait à performer votre sexe de naissance et qui vous récompensait pour ça. etc.

Comprendre la raison d’un « déni » peut aider à avancer.

Des tests qui peuvent aider pour s’y retrouver

Des tests existent et peuvent aider à comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur d’un cerveau un peu embrouillé, même si ils sont imparfaits et ne pourront jamais vous donner une réponse à votre place.

Le bouton switch

Imaginez-vous vous voir offrir un bouton que vous pourriez activer à n’importe quel moment. Si vous appuyez dessus, voilà ce qu’il se passe : votre réalité change soudainement et vous vous réveillez en tant que le sexe opposé à votre naissance. Tout le monde considère que c’est normal ou que vous l’avez toujours été. Il vous est impossible de revenir en arrière.

Appuyez-vous sur ce bouton ? Si oui, vous êtes peut-être trans.

Le reverse switch

C’est un test très similaire au premier, mais d’un point de vue différent.

Un matin vous vous réveillez en tant que le sexe opposé à votre naissance. Tout le monde considère que c’est normal ou que vous l’avez toujours été. On vous propose un bouton : si vous appuyez dessus, vous redevenez du sexe de votre naissance et tout le monde oublie ce qu’il s’est passé.

Est-ce que vous appuyez sur le bouton ? Si vous ne le faites pas, vous êtes peut-être trans.

Note : ces deux tests aident à évaluer si vous êtes trans ou pas, mais pas si vous êtes prêt’e pour faire une transition.

Le nonbinary switch

Je vous propose enfin une variante légère de ce test, qui adresse les désires de transition sociale non-binaire.

Reprenez les deux tests précédents. On vous offre la possibilité d’appuyer sur un bouton. Cette fois, on vous laisse le choix : vous avez la possibilité de changer la manière dont vous sociabilisez avec votre environnement. Si vous étiez masculin’e, vous pouvez choisir que le bouton aura pour conséquence que tout le monde considérera que vous êtes féminin’e, que c’est normal ou que vous l’avez toujours été.

Cet exemple n’est pas exhaustif. Vous pouvez souhaiter que le bouton fasse que tout le monde vous considère masculin’e, féminin’e, difficilement assignable à un sexe/genre, androgyne, « folle », queer, etc, etc. C’est vous qui voyez.

Appuyez-vous sur le bouton ? Si oui, lequel ?

Essayer de socialiser « en tant que »

Une bonne manière de se faire une idée serait de se créer un compte sur un réseau social, de jouer à un jeu multijoueur en ligne, de communiquer avec des gens avec l’avatar que vous souhaitez. Beaucoup de personnes trans commencent par là, et se retrouvent à apprécier la manière dont ils et elles sont traités.

Vous pouvez partir de zéro et chercher de nouveaux cercles de socialisation, ou bien demander à des connaissances de vous genrer autrement pendant une période de temps, pour voir ce que ça fait, si c’est agréable. Attention, pour la seconde solution, cela peut être un peu malaisant au début, et cette gêne peut influer sur votre ressenti.

Une simple question de préférence

Au final, que vous appuyez sur ces boutons ou pas, la réponse ne peut pas vous être dictée, vous allez devoir la trouver vous même.

Exemples non exhaustifs de personnes qui se définissent comme trans

  • Une personne de 14 ans, assignée garçon à la naissance, qui souhaiterait pouvoir se lancer dans une transition physique au plus tôt pour être reconnue comme une femme.
  • Une personne de 18 ans, assignée fille à la naissance, qui souhaiterait qu’on le considère comme un homme et qu’on utilise des pronoms masculins pour la désigner.
  • Une personne de 30 ans qui a commencé sa transition médicale et sociale il y a 10 ans, et dont personne ne sait autour d’elle qu’elle est trans à part sa famille.
  • Une personne de 50 ans, qui après une vie de socialisation en tant que femme, souhaite changer de physique pour correspondre aux stéréotypes physiques masculins et qu’on l’appelle « monsieur » dans sa vie courante.