Combattre la dysphorie et affronter le regard des autres

Tactiques face aux obstacles de la transition

Affronter les épreuves ensemble

À deux on est plus forts ! Une fois j’ai essayé d’aller acheter du maquillage pour la première fois. J’étais seule et j’ai fait une belle crise d’angoisse devant le magasin.

J’y suis retournée avec une personne qui avait l’habitude : 👌👌👌

Vous pouvez demander à vos amis proches, votre famille, ou même des connaissances sur internet de vous accompagner pour affronter une nouvelle étape. C’est aussi une bonne façon de combattre la procrastination nourrie par la peur de l’obstacle.

Eviter la socialisation quand c’est possible

Une des raisons pour laquelle j’ai attendu aussi longtemps avant de prendre rendez-vous chez mon médecin pour débuter mon traitement, c’était qu’il fallait que je l’appelle. Problème : j’avais une grosse dysphorie physique.

J’ai alors cherché et découvert le site Doctolib.fr. C’est un site qui permet de chercher un médecin et de prendre rendez-vous directement sur leur plate-forme.

J’ai aussi commencé par acheter mes premiers vêtements en ligne sur ASOS et La Redoute. Pratique quand on veut éviter de se retrouver en panique au milieu d’un rayon à Camaïeux.

Be proud ! (soir fier/fière)

S’entourer de modèles

**La cause principale dysphorie, c’est qu’on a la sensation de ne pas coller avec les normes du sexe que l’on revendique. **Cela arrive bien souvent aux femmes trans très grandes et carrées, aux hommes trans petits ou avec une voix aigüe, ou bien aux personnes non-binaires qui ne trouvent pas un équilibre qui leur permet de se sentir fiers/fières.

C’est une sensation perçue du monde extérieur. Mais cette sensation est tronquée par ce que l’on sait / voit / perçoit. Comme dans tant d’autres cas (handicap, surpoid, maladie, couleur de peau), cela peut venir d’un manque de « role models ». C’est à dire d’individus reconnus par la société comme des êtres talentueux ou inspirants, dont on considère qu’ils ont « réussi leur vie » et qu’ils sont devenus des « modèles ».

Pour les personnes cis, c’est assez simple. ça l’est encore plus pour les hommes cis blancs, dont les exemples d’individus à des postes de pouvoir ou en situation de réussite ne manquent pas.

Cependant, pour les personnes trans, c’est une autre paire de manches.

Voici donc mon conseil : ouvrez un dossier sur votre ordinateur, ou collez des photos sur le mur de votre chambre de personnes trans ou cis qui vous ressemblent, qui vous ressembleront une fois votre transition effectuée, et passez un peu de temps à les découvrir, les humaniser.

En tant que femme trans grande avec une large cage thoracique, voir régulièrement des photos de Gwendoline Christie (l’article de Brienne dans Game of Thrones) m’a beaucoup aidé à construire un personna de femme forte et puissante, et ne plus chercher à devenir la petite jeune fille filiforme de 1m60 à la voix suraigüe que je ne pourrai, de toute façon, jamais devenir.

Gwendoline Christie
Gwendoline Christie en Captain Phasma, dans Star Wars 8

Le personna

C’est un peu la méthode Coué qui découle du role model : mon truc à moi quand je sens un brain de dysphorie, c’est de me remémorer ma petite histoire qui me fait du bien et qui m’éloigne de la violence de la transphobie / (intériorisée).

Moi je suis grande et j’ai les épaules larges. Je me sens parfois mal quand je suis entourée de pleins de femmes de 1m60 avec des épaules fines. Alors pour m’en sortir une seule solution : je dois ASSUMER le truc.

C’est pas le truc le plus simple hein.

Mais je me concentre et je me dis : « tu es une guerrière amazone. Tu es Wonder Woman. Tu fais 1m80 parce que tu es une déesse Viking, tu n’as pas à te comparer à elles. Comporte toi comme une reine, parce que c’est ce que tu es ».

Garder une hygiène mentale

Se débarrasser de ses pensées toxiques

C’est la base mais on ne garde pas pour soi la violence qu’on accumule, sinon on implose. On doit s’en débarrasser mais de façon saine. Certains font du sport, d’autres dessinent leurs pensées… Moi, je conseille le journal intime.

Tous les jours à la même heure, pendant plusieurs années, j’ai écris au moins un petit paragraphe sur tout ce qui allait pas dans ma journée/vie et je me sentais toujours plus légère à la fin.

Apparaître sous son plus bel angle

Un truc qui marchait pas mal pour éviter la dysphorie à une certaine époque c’était d’éviter les miroirs quand c’était pas le bon moment pour moi.

Et quand je me regardais dans une glace, je faisais attention à avoir une bonne lumière.

Vous le savez peut-être, la lumière a un effet puissant sur la forme perçue d’un visage et ça peut le rendre plus masculin ou féminin selon si la lumière est forte ou pas, mono-directionnelle ou pas, colorée ou pas..

Moi par exemple j’essaie d’éviter de me regarder dans un miroir proche de ma seule fenêtre. Je sais que la lumière va venir frontalement sur moi et d’une seule direction, ce qui va avoir tendance à rendre mes traits plus marqués et mes poils plus visibles.

Pour les femmes trans je conseillerais des espaces où la lumière est indirecte, qui se réfléchie de partout dans la pièce de façon à lisser les ombres.

Ça marche, la preuve : quand que j’ai changé d’appartement, j’ai eu beaucoup moins de crises en regardant mon visage.